L’avant-dernier jour de notre voyage, nous sommes partis pour une journée à Suzhou, « petite » ville à 100km de Shanghai (tout de même 4 millions d’habitants…)

Quel dépaysement ! Partant de la grande Shanghai, nous avons traversé pas mal de paysages différents sur le trajet, la banlieue de Shanghai, des champs, des industries, et puis quelques villes champignons, qui nous montre d’autres grandes facettes de la Chine.

En arrivant à Suzhou (après une bonne sieste pour certain.e.s d’entre nous il faut le dire), nous descendons du car en pleine zone d’activités, avec des buildings au loin mais à peine 10min de marche plus tard, nous sommes au bord d’un des nombreux canaux qui parcourent la ville. Deux gondoles nous attendent pour naviguer à travers un quartier historique de Suzhou.

À bord des gondoles, nous découvrons un quartier qui semble insensible aux changements extérieurs, comme arrêté dans le temps, ce qui enchante le touriste, toujours à l’affût du préservé, de « l’authentique authenticité » (de l’immobile ?)

Les guides et commerçants semblent le savoir et en jouent, nous proposant à la vente des cartes postales du quartier ou autres produits dérivés.

Ces petits bateaux nous mènent au parc de la colline du Tigre. Là, le mythe du lieu inconnu des guides touristiques se délite peu à peu, on se retrouvent entre touristes, avec à chaque fois sortant du lot un drapeau ou autre signe distinguant le guide du troupeau.

En outre, le site est splendide, on traverse un jardin de bonsaïs, puis on monte peu à peu dans ce parc qui est composé de paysages très diversifiés.

Un malheureux incident de perte de quelques moutons de notre troupeau nous a incité à écourter la visite, mais nous finissons en apercevant la fameuse « Pagode du Rocher des Nuages », qui étant penché, nous fait un peu penser à la tour de Pise.

Après s’être rempli la panse, nous repartons pour la visite d’un autre jardin, le plus petit de Suzhou : le jardin du Maître des filets. C’est en fait une résidence, composée de plusieurs kiosques qui entoure 2 jardins, l’un composé d’une cour et l’autre d’un étang.

Ce jardin, faisant partie d’une habitation, est beaucoup plus intimiste que le premier par nature, mais il s’avère qu’il est aussi moins fréquenté et moins mis en avant.

Une ambiance très zen règne dans l’espace, toute autre que dans le premier jardin.

Les deux jardins, très différents, rendent compte de deux visions de la tradition, l’une semble hybridée pour transparaitre dans le monde de l’innovant, l’autre semble authentique, sans le prétendre, et n’apparait que peu dans l’ensemble patrimonial de la ville.

Cette journée résulte finalement peut-être de ce paradoxe et de cet équilibre entre la tradition et de l’innovation, de l’ouverture et de l’isolation en Chine (mais aussi ailleurs).

Nous partions naïvement pour découvrir une ville pittoresque encore intact et « dans son jus », et nous repartons avec une image enrichie de la Chine, complexifiée et davantage réaliste.

Flora Maytraud