Shangaï Media Group

Shangaï Media Group

Le 28 avril 2017, un jour après notre arrivée à Shanghai, nous étions attendus au Shanghai Media Group, un des plus importants groupes de médias chinois qui détient notamment une cinquantaine de chaînes de télévision (digitales ou/et hertziennes) mais aussi une dizaine de stations de radiodiffusions.
Ce géant est également présent sur internet, son nouveau président s’est d’ailleurs donné pour objectif à court terme de quitter le hertziens pour le digital.

Avant de commencer la visite des locaux du SMG, nous avons été installés dans une salle confortable où nous ont été diffusées deux vidéos de propagande du groupe. La première visait le public des médias et présentait simplement le groupe ainsi que sa présence en Chine. La seconde, elle, faisait la promotion du bien-être des employés dans le groupe. Ainsi, nous avons pu contempler la merveilleuse journée que l’un des présentateurs passait grâce au Shanghai Media Group. Ces deux spots nous ont donné une vision utopique de la vie en Chine et surtout du travail dans les médias chinois. Cette propagande vise à nous conditionner pour la suite de la visite.
A la suite de cette diffusion, une employé du groupe nous a invité à faire la visite du siège. Le blanc immaculé allié à des touches de bleu, les locaux du groupe se présentent à nous comme un espace moderne et méticuleusement net, une atmosphère quelque peu futuriste. Les couleurs choisies par le groupe traduisent bien son optique : celle du conquérant. Le bleu qui est connu pour inspirer le sentiment de confiance et l’apaisement ressort sur un blanc neutre et épuré.
En premier lieu, nous avons pu visité les studios de tournage du journal télévisé, l’occasion de prendre la place des présentateurs le temps de quelques clichés. Puis, nous avons salué les personnes de l’ombre, dans leur open space, celles qui fournissent les émissions grâce à leur recherche et vérifications. Enfin, nous avons eu droit à un historique du groupe porté par les murs imagés du siège du SMG.

Par ailleurs, nous avons eu l’opportunité de rencontrer Miss Chu, rédactrice en chef de Knews. Derrière son micro, Miss Chu nous a parlé du SMG, elle nous as expliqué comment les chaînes traitaient l’information. A l’issue de sa présentation, nous avons pu lui poser quelques questions. Ces dernières se sont surtout concentrées sur le traitement et la couverture des informations à l’international. Les tentatives de questions sur la censure ont été vaines, elles étaient éludées ou les réponses étaient simplement détournées.
Miss Chu a insisté sur le fait que l’information transmise par Knews ne pouvait être fausse ou biaisée. L’information serait vérifiée à plusieurs reprises par les éditeurs et les responsables de l’information et est filtrée par la censure. La ligne éditoriale serait neutre et uniquement factuelle. Parfois, des experts commentent l’actualité mais toujours de façon factuelle. Pour tout ce qui touche aux questions techniques du traitement de l’information et la question de la censure nous nous sommes heurtés à un mur. Notre interlocutrice était plus que déterminée à coller à l’image des spots que nous avions visionnés qu’à répondre à nos questions.

SMG couvre également les événements internationaux d’importance mondiale. Par exemple, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis a été couverte mais encore une fois, sur les faits uniquement. Knews se serait concentré sur les mesures qu’il comptait mettre en place, en relation avec la Chine et l’Asie en général. Ce qui nous montre encore une fois l’importance et le contrôle qu’a le gouvernement sur la presse et sur le peuple.
En définitive, la visite du Shanghai Media Group nous a permis de découvrir un haut lieu des médias chinois. Nous avons été reçus très convenablement dans ces locaux attestant de la puissance exponentielle de ce groupe. Ce fut pour nous une entrevue riche par la diversité qu’offre le groupe et marquante par l’impressionnant dispositif qu’a à sa disposition le SMG. Bien que nous n’ayons pas pu aborder le fond des choses, la forme nous a donné des indices sur la vision « chinoise » de l’information.

Faiza Ferahi et Floriane Siby.

Compétences

Posté le

17 mai 2017

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